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Les détails révélateurs des non-dits et des facettes sombres de la charte

Après l’annonce du projet de charte de la laïcité et les échanges houleux qui s’en suivirent, le débat est rapidement devenu stérile. Aussi bien les camps que les avis se sont polarisés depuis le début. Dès que vous émettez la moindre opinion sur le sujet, on s’empresse de vous catégoriser dans tel ou tel camp.

Pas étonnant dans un débat passionnel qui vient réveiller le plus mauvais en nous ; vous êtes soit avec moi ou contre moi. Il y a nos valeurs et les valeurs des autres, notre religion et la religion des autres, nos coutumes et celles des autres. Le paysage social en est devenu dichotomique sur tous les niveaux. Pour beaucoup des supporteurs de la nouvelle charte, elle est devenue une question de survie de l’identité québécoise.

Malheureusement si on s’empresse de vous catégoriser c’est vraiment pour rejeter d’emblée votre avis, vos analyses et votre participation sur le sujet. On ne veut pas entendre d’autres sons de cloche. Le débat sur la charte n’ayant alors aucune chance de maturation.

Si par le passé vous étiez souverainiste ou fédéralise, francophone, anglophone ou allophone, eh bien aujourd’hui vous êtes soit pro-charte ou contre la charte. La position par rapport à la charte est devenue le critère de catégorisation et de division sociale, il prime même sur les critères de catégorisation traditionnels et redessine du même coup la carte électorale!.

 

Reste-t-il des éléments pertinents et nouveaux à discuter ? « Pas vraiment ! » clament  les supporteurs de la charte, le débat est pour eux clos, le continuer  est pure perte de temps, pressons-nous de passer à son application. Un gouvernement Péquiste majoritaire qui se dégagerait des prochaines élections donnerait alors à celles-ci valeur de référendum sur la question.

 

Aussi noble soit la charte aux yeux du gouvernement de Madame Marois et du PQ, reste que de nombreux détails du projet révèlent des facettes sombres et quelques fondements erronés et aberrants.

 

La charte est un projet egocentrique dans le sens le plus restreint du terme. Le peuple autochtone n’ayant aucune place dans cette charte car il n’a nullement été consulté ou associé  à en définir les grandes lignes en termes de valeurs ou tout simplement à définir le patrimoine religieux du Québec. Le peuple autochtone ne fait tout simplement pas partie du NOUS du Parti Québécois. Ses valeurs ne sont pas  « Nos valeurs ». Après ça ne nous étonnons pas que toutes les autres minorités soient méprisées et exclues d’office!

Pour corriger le tir la charte a été rebaptisée par un nom techniquement élaboré où le nous de NOS Valeurs n’est plus mis de l’avant !.

 

La charte est un projet taillé sur mesure. Elle véhicule une laïcité à double visages. La directive implicite est que notre religion ne nous dérange pas mais la vôtre je n’en veux pas. Les seuls exceptions et accomodements religieux que vous pouvez  espérer un jour en bénéficier sont ceux que vous obtiendrez seulement  si au préalable une exception similaire a été consentie à la religion du NOUS. Le détail révélateur en est l’empressement de monsieur Drainvillle à réagir pour rassurer le NOUS  que « la nouvelle charte ne va pas interdire les messes existantes dans les hôpitaux et les unités de soins de longue durée » Pour modérer et diluer l’hypocrisie monsieur Drainville n’avait de choix que de préciser qu’à l’avenir ce service devrait être plus multiconfessionnel !

 

En allant de l’avant avec sa charte le Parti Québécois  s’est lancé dans une voie négative et a fait le choix de l’exclusion aux dépends de l’inclusion. Il opte pour une approche perdant-perdant  avec les minorités car les vrais problèmes n’ont plus l’attention ni l’intérêt nécessaire. Ces mêmes  problèmes qui nous concernent tous, et qui finiront un jour par nous rattraper.

 

 

Hadi Bouras

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